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Dialogue culturel sino-français : « L’image de la femme à travers les caractères chinois »

  • 7 mars
  • 2 min de lecture

Dernière mise à jour : il y a 3 heures

À l’approche de la Journée internationale des femmes, le 6 mars, Mme Xiaomin GIAFFERRI, secrétaire générale du Conseil d’administration de l’Institut Confucius Côte d’Azur, a donné à l’Université Côte d’Azur une conférence intitulée « L’image de la femme à travers les caractères chinois ». Une quarantaine d’étudiants du département d’études chinoises ainsi que des passionnés de culture chinoise ont participé à cet événement consacré aux dimensions culturelles et historiques des caractères chinois liés à la représentation du féminin.


En ouverture, Mme GIAFFERRI a présenté l’origine et l’évolution des caractères chinois, depuis les inscriptions oraculaires sur os jusqu’à l’écriture unifiée. Elle a également expliqué les principes de formation des caractères, notamment les idéogrammes et les phonogrammes. Selon elle, l’écriture chinoise constitue un vecteur essentiel de la culture et reflète les valeurs de la société traditionnelle. L’analyse des caractères comportant le radical « femme » (女) permet ainsi d’observer les représentations sociales et les relations de genre dans la Chine ancienne.


La conférencière a ensuite mis en lumière les connotations contrastées de ces caractères. Certains, comme « 好 », « 妙 », « 嫣 » ou « 安 », valorisent la grâce et l’harmonie associées à la féminité. D’autres, tels que « 奸 », « 妒 », « 婪 » ou « 妄 », témoignent de préjugés et d’une vision négative des femmes dans la société traditionnelle. L’étude de caractères comme « 妻 », « 妾 » ou « 奴 » révèle également la position subordonnée attribuée aux femmes dans certaines structures sociales. Elle a notamment comparé les caractères « 嫁 » et « 娶 », illustrant l’asymétrie dans la conception traditionnelle du mariage.


La conférence a également abordé le proverbe « 女子无才便是德 », replacé dans son contexte historique. Mme GIAFFERRI l’a mis en perspective avec les réflexions de femmes intellectuelles européennes, telles que la Marquise de Lambert et Madame de Staël, sur l’éducation et le développement intellectuel des femmes, ouvrant ainsi un dialogue interculturel sur la question de l’égalité des genres.


En conclusion, la conférencière a souligné que les traces de rapports de genre présentes dans les caractères chinois doivent être comprises dans leur contexte historique. Elle a également évoqué, à titre de réflexion, la question de l’usage du pinyin et ses limites, en citant le texte célèbre du linguiste Zhao Yuanren.


À l’issue de la conférence, une activité conviviale de devinettes de lanternes a permis de prolonger les échanges dans une atmosphère chaleureuse. Cette rencontre, à la fois académique et interactive, a favorisé la réflexion sur la culture des caractères chinois et le dialogue culturel sino-français.



 
 
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